La douleur : un signal du cerveau, pas seulement du corps
- Papianille Mura
- 7 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 janv.
Nous avons tendance à penser que la douleur est toujours le signe d’un problème physique précis : une lésion, une inflammation, un organe qui dysfonctionne. Et pourtant… ce n’est pas toujours si simple.
Certaines douleurs persistent alors que les examens sont normaux. D’autres apparaissent de manière disproportionnée par rapport à la blessure réelle.
Pourquoi ? Parce que la douleur n’est pas qu’une information corporelle : elle est interprétée, modulée et parfois amplifiée par le cerveau.
Comprendre comment naît la douleur, c’est déjà faire un premier pas vers son apaisement.
1. La douleur : un système de protection
Dans notre corps existe un système d’alerte destiné à nous protéger : la nociception. Son rôle est de détecter les situations potentiellement dangereuses et d’envoyer un message au cerveau.
Mais la douleur n’apparaît pas automatiquement au moment où le message est transmis.
👉 C’est le cerveau qui décide s’il est pertinent de transformer ce signal en sensation douloureuse.
La douleur est donc avant tout un outil de protection, conçu pour attirer notre attention et provoquer une réaction adaptée.
2. Un message qui peut être modifié en chemin
Le message de danger envoyé par les nerfs n’est pas figé. Au cours de son trajet vers le cerveau, il peut :
s’atténuer ou s’intensifier,
se mélanger à d’autres informations,
être influencé par l’état émotionnel, le stress ou la fatigue.
De plus, le cerveau n’est pas toujours disponible pour traiter ces messages. Lorsqu’on dort profondément, par exemple, la douleur est souvent moins perceptible. Même éveillé, le cerveau fait en permanence des choix : il filtre, hiérarchise et sélectionne ce qu’il juge prioritaire.
3. Le cerveau hiérarchise les dangers
Face à plusieurs informations simultanées, le cerveau privilégie toujours ce qu’il estime le plus important pour la survie.
Dans certaines situations, il peut même mettre la douleur entre parenthèses pour permettre l’action. C’est à ce moment-là qu’il libère des substances comme les endorphines, capables de diminuer temporairement la douleur.
Ce mécanisme est protecteur. Il montre que la douleur n’est pas proportionnelle uniquement à la blessure, mais à l’interprétation que le cerveau en fait.
4. Exemple concret chez l’adulte
Prenons une situation simple et fréquente.
Vous êtes détendu, en vacances ou lors d’un moment agréable. Vous vous cognez le genou contre un meuble. Vous grimacez, vous vous frottez, vous continuez votre conversation… et la douleur disparaît rapidement.
Quelques semaines plus tard, même choc, même meuble. Mais cette fois-ci, vous êtes stressé, fatigué, préoccupé par votre travail ou votre vie personnelle. La douleur vous semble plus intense, plus envahissante, et persiste davantage.
👉 La blessure est identique. La perception, elle, est différente.
Ce sont donc le contexte émotionnel et l’état du système nerveux qui ont influencé la manière dont la douleur a été ressentie.
5. Douleur et émotions : un lien indissociable
Le cerveau ne sépare pas strictement le corps et les émotions. Stress, anxiété, tristesse, surcharge mentale peuvent rendre le système d’alerte plus vigilant, parfois excessivement.
Dans ces conditions, des signaux mineurs peuvent être interprétés comme plus menaçants qu’ils ne le sont réellement. C’est ainsi que certaines douleurs s’installent dans la durée, même en l’absence de lésion active.
👉 La douleur est réelle. Mais son origine n’est pas toujours uniquement physique.
6. Pourquoi le toucher aide le cerveau à se calmer?
Le toucher est un langage direct pour le système nerveux.
Lorsqu’il est sécurisant, lent et intentionnel, il :
stimule le système nerveux parasympathique (celui du repos),
diminue la vigilance excessive du cerveau,
envoie un message de sécurité au corps.
En réflexologie, le toucher agit comme un contre-message : il invite le cerveau à quitter l’alerte permanente pour revenir à un état d’apaisement.
Ce n’est pas « magique » : c’est neurologique.
👣 Ce que j’observe en cabinet
En séance, je constate très souvent que lorsque le système nerveux se calme, la douleur change de nature, d’intensité ou de localisation.
Le corps parle. Mais surtout, le cerveau écoute.
Lorsque la personne se sent en sécurité, écoutée, contenue, le message de danger peut s’atténuer. Et avec lui, la douleur.
La douleur n’est pas qu’un signal du corps. C’est une expérience globale, influencée par le cerveau, les émotions, l’histoire personnelle et le contexte de vie.
Comprendre cela ne signifie pas nier la douleur. Au contraire : cela permet de l’aborder autrement, avec plus de justesse, de douceur et de possibilités d’accompagnement.
Pour en savoir plus sur la douleur : https://www.reseau-lcd.org/
Papianille MURA, réflexologie à Viroflay, 3 km de Versailles, Yvelines (78)
Bien dans ses pieds, bien dans sa tête.
Pour prendre rendez-vous, contactez-moi
🩺 Pour rappel :
La réflexologie est une technique de prévention, d’accompagnement à la santé et de bien-être. Elle est naturelle et manuelle, libérant les facultés d’autorégulation du corps sans poser de diagnostic médical ni influencer les décisions thérapeutiques.




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