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Quand la relation d’aide se remet en perspective… et ouvre des chemins pour 2026

  • Photo du rédacteur: Papianille Mura
    Papianille Mura
  • 2 janv.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 janv.

En décembre dernier, à l’occasion de la Journée de la douleur et du 30ᵉ anniversaire du réseau LCD, une conférence m’a offert un éclairage précieux sur l’histoire de la médecine et ses effets sur nos pratiques de relation d'aide aujourd’hui.


Un éclairage qui, paradoxalement, fait du bien. Non parce qu’il simplifie, mais parce qu’il remet en perspective. Parce qu’il rappelle d’où nous venons, et ce que nous devons à ces ruptures fondatrices.


Sortir le malade du jugement moral

Pendant longtemps, la maladie n’a pas été pensée comme un phénomène biologique, mais comme un signe moral ou religieux. Au Moyen Âge, le malade n’est pas seulement malade : il est suspect. Possédé, impur, puni.

Cette tentation n’a pas totalement disparu. L’épidémie de sida, au XXᵉ siècle, a montré à quel point, face à une maladie nouvelle et mal comprise, le jugement moral pouvait resurgir.

La médecine moderne s’est construite contre cela. Avec des figures comme Louis Pasteur, la maladie cesse d’être une faute pour devenir un phénomène objectivable. Le regard médical s’autonomise du jugement moral.

Cette conquête est essentielle.


Séparer le malade de sa maladie : une décision méthodologique

La conférence rappelait ensuite un second pilier, souvent mal compris : la séparation entre le malade et sa maladie.

Pour produire un savoir scientifique fiable, la médecine a dû considérer la maladie comme un objet, un ensemble de mécanismes et de symptômes, indépendamment de l’expérience subjective du patient.

C’est dans ce contexte que prend sens la phrase de René Leriche :

« Ce qui compte le moins dans la maladie, au fond, c’est l’homme. »

Il ne s’agit pas d’un mépris de l’humain, mais d’une décision méthodologique. Une condition nécessaire pour produire un savoir universalisable.

Le philosophe et médecin Georges Canguilhem l’exprimait ainsi :

« Le savoir médical progresse en mettant entre parenthèses le malade en tant qu’élu de la sollicitude médicale. »


La douleur : là où l’objectivité ne suffit plus

Mais la conférence soulignait aussi le prix de ces avancées. La douleur, même lorsqu’elle a une cause physiologique claire, est toujours vécue de manière singulière. Elle appartient à un sujet, à un corps, à une histoire.

Aujourd’hui, les approches dites globales tentent de répondre à cette complexité en associant traitements médicaux, approches complémentaires et ressources relationnelles. Mais la vraie difficulté n’est pas de juxtaposer ces éléments : elle est de les articuler.


Le dévouement comme clé du soin

La conférence se concluait par une citation de Donald Winnicott, tirée de Jeu et réalité :

« Pour que les soins soient bénéfiques, c’est le dévouement qui importe, non le savoir-faire ou les connaissances. »

Une phrase exigeante. Elle ne nie pas l’importance du savoir. Elle rappelle simplement que le soin ne se réduit jamais à la technique.


Pour terminer : un vœu pour 2026

À la lumière de cette conférence, une chose s’est imposée à moi avec évidence : si l’objectivité médicale a été une conquête nécessaire, alors le défi contemporain du soin est sans doute de cultiver, avec la même exigence, la sollicitude.

Et c’est ici que le mot dévouement, évoqué par Winnicott, prend pour moi tout son sens. Non pas un dévouement sacrificiel ou émotionnel, mais un dévouement juste, ajusté, professionnel.

Dans ma pratique, bien faire mon travail ne signifie pas “ressentir à la place de l’autre”, ni mêler mon histoire, mes émotions ou mon vécu à ce que traverse la personne que j’accompagne. Au contraire.


Le dévouement, tel que je l’entends et tel que je souhaite encore le travailler en 2026, passe par :

  • une écoute fine, attentive, sans projection,

  • une capacité à me détacher de moi-même pour être pleinement disponible à l’autre,

  • une présence incarnée, calme, stable, qui laisse de la place à ce que le corps de l’autre exprime.

Être là. Sans juger. Sans interpréter trop vite. Sans confondre.

C’est peut-être cela, au fond, cette sollicitude médicale dont il a été question tout au long de cette conférence : une manière d’être en relation qui n’oppose ni la science ni l’humanité,mais qui les tient ensemble, avec rigueur et humilité.


✨ Mon vœu pour 2026

Que le dialogue entre médecine et pratiques complémentaires continue de s’approfondir. Que l’on ose penser leur articulation plutôt que leur concurrence. Et qu’à chaque place — soignant, praticien, accompagnant — le soin reste un espace où la science avance sans perdre l’attention à la personne.

Et continuer, jour après jour, à approfondir ce dévouement discret, exigeant, silencieux parfois, qui fait du soin en réflexologie un espace sûr pour celles et ceux qui viennent déposer leur douleur.


Papianille MURA, réflexologie à Viroflay, 3 km de Versailles, Yvelines (78)

Bien dans ses pieds, bien dans sa tête.

Pour prendre rendez-vous, contactez-moi



🩺 Pour rappel :

La réflexologie est une technique de prévention, d’accompagnement à la santé et de bien-être. Elle est naturelle et manuelle, libérant les facultés d’autorégulation du corps sans poser de diagnostic médical ni influencer les décisions thérapeutiques.

 

 
 
 

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